Château Le Luc Regula

Proche de la Réole, tapi près d’un bosquet d’arbres séculaires, le Château Le Luc Régula domine la Garonne. Il couvre 11 hectares situés principalement sur un large plateau ensoleillé, au coeur du vignoble bordelais.
En succombant au charme paisible du château du XVIIIème et son parc aux essences séculaires, nous avons entamé un nouveau et passionnant voyage, en rétablissant dans sa vocation initiale un château avec une très ancienne tradition viticole.
S’il est des lieux à proximité desquels on passe et repasse sans soupçonner qu’ils abritent des trésors, assurément Le Luc est de ceux-là.
Son histoire, en particulier son histoire viticole, remonte au moins au XIIIème siècle. On trouve en effet trace d’une ordonnance royale de 1289 (l’Aquitaine était alors Anglaise, la culture de la vigne Entre-Deux-Mers et le commerce du vin, alors important) ordonnant une enquête, sur plainte des habitants déposée « parce que le châtelain dépréciait le vin qu’il vendait ».
On le voit, la dénonciation du mal-boire, tellement à la mode en notre époque de remise en cause de nos méthodes de consommation alimentaire, n’est pas née d’hier !

Jusqu’au début du XXème, le château est resté aux mains d’une même lignée issue de Jean de Ferrant, qui, en 1446, obtint par faveur féodale la jouissance des droits de péage par terre et par eau.
On trouve dans la succession des nobles possesseurs du lieu : Jean d’Orgier, seigneur du Luc, chevalier de l’Ordre de Malte décédé en 1698 à l’âge de 96 ans, Jean de Ferrant de la Tour mort en 1732 à l’âge de 96 ans, Pierre Paul Berry de Beauvallon, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, Jacques de Banisette de Beaubrun, seigneur de la noble maison de Graves marié en 1777 à Anne, fille de Jean-Baptiste de Casmont, seigneur des nobles maisons du Cros, du Luc, de la Tour et du château des Gravous, « la bénédiction nuptiale étant donnée en la chapelle du Château du Luc ».
Le château Le Luc Regula constitue aujourd’hui un superbe vignoble de 5.5 hectares, orienté au Sud-Ouest, « cap 210 », la meilleure orientation pour le mûrissement du raisin.

  

Le vignoble

TERROIR
Sols : Argilo-calcaires
Cépages : 70 % Merlot, 25% Cabernet Sauvignon, 5% Petit Verdot

LA CONDUITE
Objectif de restructurer l’ensemble du vignoble à 2m.
Optimisation de la maturité avec un très grand palissage.
Politique de lutte raisonnée en traitant en fonction des conditions et de la pression maladie en adaptant les doses et le nombre de traitement.

LA TAILLE
Taille bordelaise à deux lattes sèches de 7 bourgeons dans les 2m et 8 bourgeons dans les 2.80m

TRAVAUX EN VERT
Un ébourgeonnage est réalisé pour sélectionner les meilleurs bourgeons et éviter les paquets.
Un à deux épamprages des têtes sont réalisés afin d’aérer les pieds et de sélectionner éventuellement un rameau nécessaire.
Un premier effeuillage manuel est réalisé après la formation des grappes coté Est afin de permettre la circulation de l’air et éviter le développement du botrytis.
Un deuxième effeuillage est réalisé à la fin de la véraison des deux côtés afin de permettre la circulation de l’air, éviter le développement du botrytis et obtenir une maturité optimale.
Deux à trois levages sont réalisés afin d’optimiser la hauteur de palissage et donc la maturité du raisin.

LES TRAITEMENTS
Ils sont réalisés avec une conduite d’agriculture raisonnée en utilisant des produits et des doses en adéquation avec les conditions.

DATE DE RECOLTE
Plusieurs prélèvements sont faits afin de contrôler l’avancement de la maturité.
Le résultat des analyses, de l’état sanitaire de la vendange et de la dégustation des baies, décide de la date des vendanges.

PRODUCTION
Volume : 33 000 bouteilles

 

Vinification et élevage

LES VENDANGES
Elles sont faites mécaniquement avec des machines réalisant l’égrappage et la sélection des baies.
Elles ont lieu très tôt le matin afin de ramasser des raisins le plus frais possible.

LA RECEPTION
La vendange passe sur une table de trie manuelle où les éventuelles feuilles, pétioles et raisins ne correspondant pas à nos critères sont retirés.
Elle est ensuite foulée puis passe soit directement en cuve, soit lors des années chaudes, par un échangeur pour la refroidir

LES VINIFICATIONS
Une macération pré-fermentaire à froid est faite durant 3 à 6 jours en fonction des années.
Les fermentations sont faites et régulées automatiquement entre 25 et 30° en fonction des années et des cépages.
Certaines cuves à grand potentiel sont chauffées après les fermentations à 35° afin d’en extraire les tanins nobles.
La durée de cuvaison dure entre 20 et 35 jours en fonction des cépages et de la maturité des levures.
Les vins de goute sont ensuite assemblés.
Les baies de raisin sont pressées très légèrement afin de n’extraire que les bons tanins.
Ce vin de presse est ensuite filtré et réassemblé.

LES ASSEMBLAGES
En collaboration avec l’oenologue Pascal Gachet et Sébastien Petit, Valérie et Dominique Destouches réalisent les assemblages, reflets de leurs personnalités et de leurs goûts du vin.

L’ELEVAGE
Le vin est élevé en barrique pendant 12 mois minimum avant d’être mis en bouteille, puis il est stocké dans des conditions optimales 12 mois de plus.
Les 24 mois d’élevage permettent aux tanins de se fondre et d’avoir des vins prêts à déguster lors de leur commercialisation

Le Vin

Dégustation du 2 mai 2018 signée Pascal LEONETTI « Meilleur Sommelier de

 France 2006 ».

BORDEAUX SUPÉRIEUR 2015 CHÂTEAU LE LUC REGULA

La robe est rouge rubis avec des reflets pourpres, de grande intensité. Le disque est brillant, limpide, transparent.

Le vin présente une jeunesse éclatante.

Le nez est franc, plaisant, intense. La gamme d’odeurs est dominée par u

n boisé luxueux. On sent la vanille, la cave à cigares, ainsi que de fines touches florales, l

a violette. L’aération amplifie ces odeurs et dévoile le cèdre, le jus de viande, mais également le cacao, les fruits rouges à l’eau de vie et une pointe épicée, le poivre noir, finement ferrugineuse.

Le nez traduit une excellente maturité des raisins, magnifiée par la qualité et maîtrise de l’élevage. En phase avec la noblesse de la matière première, il sublime l’expression du terroir à ce stade de l’évolution. Excellent travail !!!

L’attaque en bouche est dense, le support alcool corsé. On évolue sur un milieu à la vivacité franche, marqué par du perlant et une pointe saline rare. On retrouve la gamme d’arômes du nez, toujours dominée par un boisé noble. On perçoit la vanille, la noix de coco, le cèdre, la cave à cigares, les fleurs, la violette, les épices, le poivre noir, le jus de viande, la cerise, les fruits rouges à l’eau de vie, le cacao et, toujours en filigrane, cette pointe ferrugineuse singulière. Le tanin mûr présente une pointe ferme et astringente. La finale, de belle longueur, 8-9 caudalies, marque une vivacité fine et une astringence persistante.

La structure présente un équilibre charnu, volumineux, sans perdre en élégance et fraîcheur. Ils’appuie sur une gamme d’arômes complexe et un tanin noble et savoureux.

Je préconise de servir ce vin à la température de 15°C, sans aération, directement à la bouteille, afin d’exprimer, d’optimiser toute sa dimension et sa complexité.

A déguster dès à présent et sur une décennie, j’aime l’associer, à table, à une cuisine goûteuse. Un gigot d’agneau farci aux champignons, pommes de terre nouvelles au thym, une pluma de porc Ibérique aux cerises et vinaigre de Xérès ou un filet de bœuf à la Wellington et truffes noires.

Pascal LEONETTI « Meilleur Sommelier de France 2006 ».

Contact

Mail : ddestouches@vpcf.fr
Téléphone : 06.85.22.36.58

Valérie & Dominique DESTOUCHES, Artisans-Vignerons